|
Mohamed Touzani-
Dakar, 21/01/11- C'est à chaudes larmes que plusieurs marocains ont pleuré en regardant le documentaire "La Marche verte : le retour des branches à la racine" du jeune réalisateur Hassan El Bouharrouti, lors de sa projection au colloque sur l'autonomie organisé le week-end dernier à Dakar.
 |
|
 |
-Par Mohamed Touzani-
Correspondant
de 2M en Belgique, El Bouharrouti a signé une oeuvre de bonne facture
avec ce film de 52 mn, qui a été projeté la première fois à Bruxelles
lors de la commémoration du 35ème anniversaire de la marche verte, le 6
novembre dernier.
Réaliser un documentaire sur la marche verte, c'est un pari trop risqué, mais le jeune producteur n'a pas déchanté. "C'est
un défi que je me suis lancé : présenter et faire découvrir la Marche
verte aux centaines milliers de marocains vivant à l'étranger et qui
n'ont pas vécu l'évènement", a-t-il confié à la MAP en marge de sa
participation à ce colloque. L'idée de faire ce
film est venue à l'esprit de Hassan en lisant le livre-entretiens
d'Eric Laurent avec feu SM Hassan II, et qu'il s'est procuré auprès d'un
bouquiniste de Bab El Had à Rabat. Il est
fasciné par les péripéties de cette marche "la plus grande et la plus
réussie dans l'histoire de l'humanité", et surtout par la
confidentialité avec laquelle le défunt Souverain a entouré ses
préparatifs.
Seule une poignée de collaborateurs et d'officiers supérieurs de l'armée royale a en effet été mis dans le secret. Encadrer,
acheminer et assurer le gîte et le couvert pour 350.000 personnes qui
doivent marcher sur le Sahara est une œuvre colossale que seuls les
génies de la trempe de feu SM Hassan II peuvent réussir, affirme-t-il.
Une
fois le projet mûri, le réalisateur est parti à l'assaut des archives
et à la rencontre de personnes qui ont côtoyé le défunt souverain,
contribué à la réussite de l'évènement ou simplement y ont assisté. Au bout de trois ans de recherches et d'investigations, il a réussi à glaner de précieux documents et témoignages.
Ahmed
Osmane, Mohamed Boucetta, Mahjoubi Aherdane ou Mohamed El Yazghi
apportent un éclairage captivant sur ce grand fait historique, mais
celui de l'ancien ambassadeur du Maroc à Alger et représentant permanent
auprès de l'ONU, Ahmed Snoussi est sans doute le plus passionnant.
Le
film fait découvrir, dans ce cadre, un document inédit écrit de la main
du défunt Souverain : Le texte du serment de confidentialité auquel ont
été soumis les membres du gouvernement, lorsqu'ils ont été mis au
parfum.
Il parle
aussi des accords de Madrid en 1975 sur la restitution du Sahara au
Maroc et de l'arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) attestant
des liens historiques d'allégeance entre les chioukhs des tribus
sahraouies et les souverains marocains.
Et
on découvre aussi la réaction inhumaine de l'Algérie au succès de la
marche par l'expulsion "abominable" de 45.000 marocains de son
territoire, alors que Houari Boumediene affirmait, quelques semaines
plutôt, que "l'Algérie n'avait aucune prétention au Sahara". Une
bonne partie de la salle a commencé à sangloter lorsque la journaliste
de la RTM, Kaima Belouchi, elle aussi victime de ces expulsions
arbitraires, a évoqué cette tragédie humaine commise par le pouvoir
algérien. "Les Marocains ont été embarqués dans
des conditions inhumaines à la frontière sans avoir le temps de dire au
revoir aux voisins ni à leurs familles restées sur place",
dénonce-t-elle. Difficile aussi de retenir son
émotion quand Sakina Safadi, du légendaire groupe Jil Jilala, qui a
participé à la marche verte, a parlé de ces milliers de braves femmes
qui ont laissé derrière elles leurs époux et leur progéniture pour
répondre avec enthousiasme à l'appel de la Nation.
Le réalisateur a également tendu le micro à d'anciens responsables du "Polisario", qui ont rallié le Maroc. Ils
racontent, à l'image de Ahmed Ould Souilem, comment l'évènement a été
vécu par les Sahraouis et comment il a été manipulé par l'Algérie. "L'Algérie
a vendu aux Sahraouis l'idée que la Marche verte est une invasion du
Sahara", témoigne dans le film l'actuel ambassadeur du Maroc en Espagne,
évoquant le contexte de la guerre froide "qui se prêtait à la
manipulation et l'intoxication".
La
cérémonie de départ du Sahara des derniers soldats espagnols et le
remplacement du drapeau espagnol par le drapeau marocain, scellant le
retour définitif des provinces du Sud au Maroc, constituent des moments
de forte émotion dans le documentaire.
A
travers ce film, Hassan El Bouharrouti veut "transmettre un message aux
générations futures pour leur raconter ce qu'ont réalisé les ancêtres
et ce qu'on fait les Marocains pour récupérer le Sahara".
En
plus de ce précieux documentaire sur le Sahara, le jeune réalisateur a
produit un film sur l'émigration clandestine et un autre nom moins
intéressant sur le séisme d'Agadir.
En patriote
convaincu, il a aussi confectionné un important fascicule sur
l'intégrité territoriale du Maroc, qu'il compte distribuer lors du Forum
social mondial, prévu début février à Dakar.
 |
|
Autres articles de cette section |
|
 |
|
|
 |
le cri de la nuit
Nous irons sous pluie et tempete
Nous garderons la chaleur dans nos ... |
|
|
|
|
|
 |
Saida Fikri
"Une voix, une guitare et des mots qui tracent sans détour le ... |
|
|
|
|