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Le temps
Les théâtres de Carthage, de Bulla Regia, de Jektis, de Dougga, d'El Jem et de Sbeitla sont autant de lieux-symboles qui attestent que le théâtre est un art bien ancré dans l'histoire de la Tunisie depuis des siècles. La célébration hier par la Tunisie nouvelle, du centenaire de la naissance du théâtre, constitue un moment particulier pour l'ensemble du mouvement théâtral tunisien. Et si la machine à remonter le temps ait fait son miracle, c'est que ce passé si lointain, est encore vivace dans la mémoire. C'était bien le 26 mai 1909, que des acteurs et comédiens tunisiens ont eu l'audace de monter, pour la première fois, sur scène. C'était au théâtre Rossini, avec la pièce tuniso- égyptienne ''Sincère fraternité''.
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Les théâtres de Carthage, de Bulla Regia, de Jektis, de Dougga, d'El
Jem et de Sbeitla sont autant de lieux-symboles qui attestent que le
théâtre est un art bien ancré dans l'histoire de la Tunisie depuis des
siècles. La célébration hier par la Tunisie nouvelle, du centenaire de
la naissance du théâtre, constitue un moment particulier pour
l'ensemble du mouvement théâtral tunisien. Et si la machine à remonter
le temps ait fait son miracle, c'est que ce passé si lointain, est
encore vivace dans la mémoire. C'était bien le 26 mai 1909, que des
acteurs et comédiens tunisiens ont eu l'audace de monter, pour la
première fois, sur scène. C'était au théâtre Rossini, avec la pièce
tuniso- égyptienne ''Sincère fraternité''. Cette même pièce, dans sa
peau neuve, celle des temps modernes, a été jouée lors de la soirée
''La nuit du théâtre tunisien.'' Cela dit, la célébration du centenaire
tunisien est venue ainsi témoigner de l'ancrage de la pratique
théâtrale en Tunisie, l'un des rares pays dans le monde arabe et en
Afrique, à soutenir la production théâtrale en couvrant à peu près,
l'ensemble de ses dépenses bien que le théâtre ne soit pas l'apanage du
secteur public. Par ailleurs, cette célébration constitue une occasion
pour s'arrêter sur l'évolution de cet art qui a été marqué depuis le
changement du 7 novembre par la suppression de la censure des textes.
Une passion à l'origine d'une pratique théâtrale Parcourant
les différentes péripéties, les études autour du théâtre tunisien
évoquent une véritable passion pour cet art universel. Une passion
qui était à l'origine de la création de la première troupe ayant fondé
le mouvement théâtral tunisien moderne à l'orée du 20ème siècle.
L'apport
des troupes théâtrales étrangères et arabes fut dans ce sens, palpable
à travers les premières pièces présentées en 1902, sur la scène du
théâtre municipal de Tunis, puis sur la scène du théâtre Rossini en
1903, et qui ont eu un large écho auprès des jeunes, à cette époque,
des férus du quatrième art à l'instar de Ahmed Bouleymane, Béchir
Khanki et Hédi Larnaout qui se sont associés pour la création d'Ennejma
en 1908.
L'arrivée de la troupe égyptienne ''El Jaouk El
Masri'' avait préparé le terrain pour la fondation de la troupe tuniso-
égyptienne dont l'une de ses premières productions fut ''Sincère
fraternité'' qui a marqué le véritable coup d'envoi du mouvement
théâtral tunisien. Essais pour la ''tunisification'' du théâtre au niveau du texte et de la mise en scène Au
delà de la pratique théâtrale, le quatrième art en Tunisie a vu la
naissance de plusieurs initiatives en vue d'assurer la
''tunisification'' de cet art au niveau de l'écriture et de la mise en
scène, et ce, par des œuvres aussi bien adaptées ou traduites que d'une
production reflétant la réalité tunisienne telle que ''Le sultan entre
les murs de Yeldz'', texte de Mohamed Jaibi, qui a été présentée au
public en 1909.
Les historiens affirment en effet que le texte
théâtral tunisien est basé essentiellement sur les périodes de
l'histoire nationale et arabo-islamique, autour des concepts notamment
d'ezzaama c'est à dire du leadership politique, '' le leader
militaire'' dans le domaine de l'armée ''al imama'' dans le domaine
religieux.
Selon les études et recherches élaborées, cela
s'explique par le fait que plusieurs dramaturges s'adonnaient à des
activités politiques, citant notamment Mohamed Jaibi, qui faisait
partie des réformateurs, Mohamed Habib et Zine El abidine Snoussi, tous
les deux appartenant au parti du Destour, à l'instar de l'ensemble des
écrivains et des poètes à cette époque.
En effet, les
associations théâtrales qui ont commencé à émerger telles que
''Echahama El Adabia'', sous la direction de Ali Abdelwaheb, ''El
Edab'' présidée par Abdelaziz Thaalbi, ''El Ittihad'', de Hédi Larnaout
ainsi qu'''El Mostakbel Ettamthili'' ont été une source de diversité
théâtrale ayant marqué les années 20 et 30 du siècle dernier, en
alliant théâtre historique, humoristique et chanté. Les années 40
se sont distinguées par la multiplication des troupes régionales dont
le démarrage s'est fait à partir de Sfax, ayant eu un grand impact sur
l'essor théâtral tunisien.
Ainsi, plusieurs figures naquirent à
l'instar de Khalifa Stambouli et Chafia Rochdi, bien qu'elle ne soit
pas la première femme tunisienne qui a noué une relation avec les
planchers mais elle s'est fait remarquée avec la création de la troupe
''El Kawkab Ettamthili'' qui a présenté plusieurs œuvres théâtrales
réussies.
La même période a connu l'apparition de deux
concepts: le premier concerne la création du théâtre professionnel et
l'appel à l'enseignement du quatrième art. Le second consiste à assurer
la participation féminine dans l'action théâtrale. Noureddine Kasbaoui et Mohsen Ben Abdallah dans "L'Ecole des femmes" Dans
ce contexte, Moncef Charfeddine a pris l'initiative d'engager dix
femmes d'un seul coup dans sa troupe ''le théâtre moderne'' et qui ont
participé, en tant que comédiennes, à plusieurs pièces de théâtre dont
''Ita wa Chohoud''et ''Madrassat al Azwaj'' Les années 50, début du théâtre tunisien professionnel
Les
années 50 ont enregistré la naissance de la première troupe
professionnelle en Tunisie. Il s'agit de la troupe de théâtre de la
municipalité de Tunis, sous la direction de Hamadi al-Jaziri, de retour
de Paris après des études académiques dans le domaine du théâtre. Abdelaziz Aguerbi a pris la relève, puis, la troupe a connu son âge d'or avec la venue de Paris du grand comédien Ali Ben Ayed.
Cet
artiste a donné un souffle nouveau à cette troupe, à l'heure où le pays
célèbre son indépendance et s'attelle à édifier son Etat moderne. Dans les années soixante, des troupes professionnelles régionales de théâtre ont vu le jour. Après le changement du 7 novembre 1987, elles se sont transformées en des centres d'arts dramatiques et scéniques.
Elles
ont pu enrichir la scène du quatrième art en Tunisie grâce à la
contribution d'hommes de théâtre comme Jamil al-Joudi (troupe de Sfax),
Moncef Souissi (troupe du Kef) et Raja Farhat puis Abdelkader Mokdad
(troupe de Gafsa).
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