L’artiste est en concert le 28 mai au Satellit Café de Paris, dans le cadre du festival Femmes du Monde
On l’appelle la princesse du quânoun, un instrument à cordes de la famille de la cithare. A 27 ans, Hend Zouari fait figure d’héritière de l’âge d’or de la musique arabe. Dans son premier album baptisé « L’envol », l’artiste tunisienne marie les musiques du Moyen-Orient et de l’Extême-Orient. Un invitation au voyage.
Quand Hend Zouari fait
courir ses doigts sur la cithare (quânoun), il en sort des notes
aériennes et mélodieuses. Un mélange raffiné de musique orientale,
persane et arabo-andalouse. Cette technique, la chanteuse et musicienne
d’origine tunisienne la doit à son père qui l’initie très tôt à la
cithare, habituellement réservée aux hommes. Chez les Zouari, la
musique fait partie de la famille. Son oncle et son frère, Zied Zouari
violoniste de talent, sont eux-aussi des musiciens hors-pair. Difficile
dans ces cas-là de ne pas avoir l’oreille musicale. Et dans ce domaine,
la chanteuse est remarquable.
A 27 ans, Hend Zouari peut se vanter d’avoir reçu le premier prix du
conservatoire de Tunis. Son premier album sorti en juin 2008, baptisé
L’envol, étonne par sa musicalité. Le jeu de la musicienne se trouve à
la frontière entre la modernité et la tradition. Elle explore les
mélodies du monde avec une extrême sensibilité. Pour l’accompagner, la
chanteuse a fait appel à des musiciens de renom, notamment Manuel
Delgado à la guitare, Maher Melki à l’oûd, et Wassim Berbel aux
percussions. Côté interprétation, l’artiste se lance dans des duos
énergiques et rythmés avec la chanteuse de flamenco Carmen Garcia aux
sons de la guitare sèche et de la cithare. Les créations de hend Zouari
s’allient également à la chanson française dans son titre « Parlez-moi
d’amour », interprété en arabe et en français. Une manière de
redécouvrir ce classique écrit par Jean Lenoir en 1930. Grâce à sa
musique cosmopolite et à son interprétation, Hend Zouari nous
transporte et nous prépare à l’envol.
Interview de Hend Zouari :
Afrik.com : Votre album est très cosmopolite. Vous mariez des musiques orientales, persanes, iraniennes… Pourquoi ce choix ?
Hend Zouari : J’aime bien mélanger toutes les musiques. Ce
mariage est une preuve d’ouverture. Il transmet un message universel
d’amour et de paix. Il y a 5 ans, quand j’étais à Paris, j’ai travaillé
avec des musiciens iraniens et espagnols. Je pense que c’est ça aussi
qui a guidé mon choix.
Afrik.com : Vous jouez du quânoun,
un instrument habituellement réservé aux hommes. Est-ce que cela n’a
pas été difficile de vous imposer, en tant que femme, dans la famille
des joueurs de cithare ?
Hend Zouari : C’est vrai, la quânoun est un instrument
masculin. Mais mon père, qui est un grand musicien, m’a initiée très
tôt au quânoun. J’ai été bercée par ces mélodies toute mon enfance. Et
puis, vous savez, quand on aime, ce n’est jamais difficile de jouer de
cet instrument, même pour les filles.
Afrik.com : Vous êtes en concert au festival Femmes du monde. Pour vous, qu’est ce que cela représente ?
Hend Zouari : C’est la deuxième fois que je participe à ce
festival et ça me fait vraiment plaisir. J’aime bien véhiculer l’image
d’une femme arabe, musicienne, dans d’autres pays comme la France.