Le télfilm de Yamina Benguigui est diffusé 13 mai 2009 sur France 2.
Une jeune maghrébine partagée entre sa famille, ses traditions et l’envie de fuir sa cité. C’est le thème du téléfilm Aïcha de Yasmina Benguigui diffusé ce mercredi soir sur France 2. L’expérience n’est pas inédite mais elle reste appréciable.
Aïcha, qui donne son nom
au téléfilm de Yamina Benguigui, diffusé ce mercredi soir sur France 2,
a décidé d’entreprendre « le plus long voyage de sa vie » : traverser
le périph’ … « pour aller en France ». A Bobigny, dans sa famille
"modèle" d’origine algérienne très attachée aux traditions, on pourrait
effectivement croire que la jeune française de 25 ans, aînée de sa
fratrie, se trouve en territoire étranger dans la tour 216 de ce ghetto
résidentiel. Un drame familial l’oblige à renoncer à son projet mais
elle ne l’abandonne pas pour autant.
Parmi sa mère, ses tantes, ses cousines, ses frères, son père et des voisines
si dévouées, Aïcha est à la quête d’elle-même et de sa liberté. Pour sa
cousine Nedjma, la liberté qu’offre le monde du travail se heurte à
celui de la discrimination. Elève ingénieure brillante, elle peine à
décrocher un stage. Le fameux plafond de verre que Benguigui a déjà
évoqué dans l’un de ses précédents documentaires. Cette seconde
génération navigue entre le rejet éventuel des siens, si elle ne rentre
pas dans les rangs, et celui de la société française qui l’exclut
parfois à cause de ses origines.
Dans un tel contexte, les esprits sont créatifs et les
scénarios de sortie de crise sont rocambolesques. Notamment quand
Nedjma décide de se refaire une identité, lorsqu’Aïcha, elle, veut
obtenir un certificat de virginité chez le Dr Accoca ou encore se
marier pour se défaire des liens familiaux. Même si la jeune femme
n’est pas insensible au charme d’un jeune architecte venu réhabiliter
sa cité.
Famille, je t’aime, moi non plus
Aïcha Bouamazza, c’est Sofia Essaïdi pour la première à
l’écran et sous la direction de Yamina Benguigui. La juste peinture des
immigrés maghrébins et de leurs filles et fils est une spécialité
reconnue de la réalisatrice française d’origine algérienne. Elle sait
évoquer leurs tiraillements, peut-être, parce qu’ils sont aussi les
siens.
Discrimination, virginité, intégrisme et autres maux
qui minent ou menacent les enfants de la cité sont évoqués dans le
récit du quotidien des femmes Bouamazza. L’opprobre dont font l’objet
les Harkis, qui ont choisi la France, de la part de leurs compatriotes
algériens est également évoqué dans cette fiction. La thématique d’Aicha
est riche, mais pas inédite, et le casting est attachant. Sofia
Essaïdi, la franco-marocaine révélée par le concours musical Star Ac’
et à l’affiche de la comédie musicale Cléopâtre
parvient à donner une certaine crédibilité à son personnage parfois
trop lisse. La piquante comédienne algérienne rajoute aussi son grain
de sel. Le téléfilm sans prétention de Yamina Benguigui parvient à
dresser un joli portrait d’une fille d’immigrée, d’une Française fière
de ses origines mais surtout d’un être humain qui entend affirmer sa
singularité. Aïcha suggère qu’un compromis est
possible entre une "vie de fille d’immigrée et des cités"et un vie tout
court. A voir et à apprécier sur France 2 à 20h35 pétantes !
Aïcha, téléfilm de Yamina Benguigui,
Avec Sofia Essaïdi, Amidou, Rabia Mokkedem, Shemss Audat, Biyouna
Durée : 1h30
Diffusion : Mercredi 13 mai à 20h35 sur France 2