(Source: Radio-Canada) La ministre de la Condition féminine se range du côté de la Fédération des femmes du Québec et se déclare favorable au port de signes religieux, dont le voile islamique, dans la fonction publique.
Le débat sur le port de signes religieux dans la fonction publique
s'est poursuivi, à Québec, jeudi. Après avoir été plutôt évasive la
veille, la ministre de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, a
clarifié sa position sur le sujet.
Elle s'est rangée du côté de
la Fédération des femmes du Québec, en se déclarant favorable au port
de signes religieux, dont le voile islamique.
Toutefois, Mme
St-Pierre se trouve ainsi à contredire le Conseil du statut de la
Femme, dont elle est la ministre responsable, et qui s'oppose aux
signes religieux dans la fonction publique.
La ministre repousse
aussi la proposition faite par la chef du Parti québécois, Pauline
Marois. Celle-ci suggère de modifier la Charte québécoise des droits et
libertés pour interdire le voile, qu'elle considère un signe de
domination masculine inacceptable au Québec.
À l'Assemblée nationale, tant le PQ que l'Action démocratique du Québec ont accusé la ministre libérale de manquer de courage.
Christine
St-Pierre estime qu'on ne peut pas interdire le voile sans lancer un
difficile débat sur tous les signes religieux. « Si on embarque dans la
question d'interdire les signes ostentatoires, ça veut dire qu'il faut
y aller pour tout le monde. Donc, pas uniquement pour un groupe qu'on
montrerait du doigt en particulier. Ce serait le voile, la kippa, le
kirpan, la croix... Ce serait vraiment l'ensemble [des signes
religieux] et on la trace où, cette ligne-là? » demande-t-elle.
À
son avis, un citoyen peut sans problème afficher son appartenance
religieuse dans la fonction publique, tant qu'il reconnaît et respecte
les « valeurs fondamentales » incarnées par la primauté du droit,
l'égalité entre les sexes et que la séparation de l'Église et de l'État.
Radio-Canada.ca avec Presse canadienne