Enfin, cessons donc de critiquer le fait que Sarkozy quitte prématurément le Sommet de la Francophonie pour aller chez son bon ami George W. Bush à Camp David. La chose est bonne : il n'est plus le bienvenu ici, au Québec. Bon vent, petit président, tu fais honte à la République française!
C'est
fait, le président français est sorti du placard pour dévoiler ses
vraies couleurs sur la question du Québec. Aux côtés du premier
ministre canadien Stephen Harper, dans le cadre du Sommet de la
Francophonie, il a déclaré à propos de l'avenir du Québec : «
J'ai toujours été un ami du Canada. Parce que le Canada a toujours été
un allié de la France. Et franchement, s'il y a quelqu'un qui vient me
dire que le monde a aujourd'hui besoin d'une division supplémentaire,
c'est qu'on n'a pas la même lecture du monde ». Ça ne saurait être plus
clair : Sarkozy s'oppose à l'idée d'indépendance du Québec.
Par
ses déclarations, le président français abandonne donc la doctrine de
la « non-ingérence, non-indifférence » ou de l'accompagnement pour
ainsi s'ingérer dans le débat sur l'avenir du Québec du côté des
fédéralistes canadiens. Pour le mouvement indépendantiste, ce pantin de
Paul Desmarais, de Power Corporation et du grand capital en général
devra maintenant être considéré pour ce qu'il est : un ennemi.
D'ailleurs, l'organisation du Québécois entend supporter ceux qui, en
France, combattent Sarkozy, afin que celui-ci soit défait aux
prochaines élections et que l'on efface ce triste épisode des relations
France-Québec.
D'ailleurs,
nous nous attendons à ce que la classe politique française réagisse
vigoureusement au rejet de l'indépendantisme québécois effectué par
Sarkozy, tout comme nous nous serions attendus à ce que les principaux
porte-parole souverainistes du Québec le fassent, ce qu'ils ont omis de
faire, malheureusement. Nous croyons surtout que la vision de l'actuel
président n'est pas partagée par l'ensemble des politiques français,
loin s'en faut. Ceux qui croient toujours à la doctrine de
l'accompagnement du Québec dans le chemin de sa liberté politique
doivent maintenant se faire entendre haut et fort, à défaut de quoi ils
cautionneront par leur silence la vision sarkozienne du Québec.
Or,
si tel devait être le cas, la France doit savoir qu'un tel abandon du
Québec pourrait signifier des lendemains qui déchantent pour l'Hexagone
dans les relations France-Québec. Le mouvement national québécois
n'aurait plus alors qu'à raffermir ses liens avec les peuples en lutte
européens, ayant été abandonné par Paris. C'est que l'indépendance du
Québec se fera avec ou sans Sarkozy, et avec ou sans la France. Si le
premier nous a clairement abandonnés, à espérer que la seconde ne le
fera pas. Sinon, nous rejoindrons nos alliés où ils sont.
Sarkozy
démontre aussi aujourd'hui au mouvement national québécois la nécessité
d'engager des relations internationales avec d'autres puissances que le
France. À mettre toutes ses billes sur Paris, on risque de perdre la
mise. Nous avons d'autres amis dans le monde, sachons les reconnaître.
Nous avons résisté deux siècles après la Conquête sans aucune aide de
Paris, ou presque, nous pourrions faire l'indépendance sans elle, voire
malgré elle, mais ce ne serait pas à son avantage. Elle doit le
comprendre.
Enfin,
cessons donc de critiquer le fait que Sarkozy quitte prématurément le
Sommet de la Francophonie pour aller chez son bon ami George W. Bush à
Camp David. La chose est bonne : il n'est plus le bienvenu ici, au
Québec. Bon vent, petit président, tu fais honte à la République
française!
Le Réseau de Résistance du Québécois
De l'organisation du Québécois