Nous les participantes et participantes à l’initiative Daba 2012 pour tous, nous réitérons notre attachement aux droits
qui nous sont garantis par la constitution marocaine et les conventions
internationales, notamment notre droit à laparticipation politiqueau même
titre que les marocains de l’intérieur. Nous apprécions hautement l’appui du Roi du
Maroc au travers de ses discours à l’adresse des marocains de l’étranger afin
qu’ils puissent jouir pleinement de leurs
droits politiques.
La constitution marocaine garantie à tout citoyen, portant la nationalité marocaine, la jouissance d’une citoyenneté complète, en termes de
droits et de devoirs. Elle garantit à fortiori ses droits civiques et politiques notamment le droit à la
participation aux élections législatives via un scrutin direct ou indirect. Il
en est de même pour la représentation dans toutes les institutions nationales
au même titre que les marocains de l’intérieur (Article 8 de la constitution
marocaine).
Les conventions internationales, notamment le pacte international relatif aux droits
civils et politiques (Article 3) incite les états signataires à accorder à leurs citoyens la jouissance
complète de leurs droits politiques et les appelle à réunir les conditions
nécessaires à l’exercice effectif des droits politiques aussi bien à
l’intérieur qu’à l’extérieur.
Le Roi
du Maroc, à l’occasion de
l’anniversaire de la marche verte (6 novembre 2005),a chargé le gouvernement de
rendre effectif l’exercice de ces
droits, et ce, en procédant à la révision du
code électorale afin de l’élargir aux citoyens marocains résidents à l’étranger
(voir l’extraitdu texte discours royal
reproduit en annexe).
Par ailleurs, le conseil
de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a en charge, parmi ses
prérogatives, l’organisation de consultations avec les citoyens marocains à
l’étranger en vue d’émettre un avis consultatif sur les modalités de leur
participation aux élections législatives ainsi que leur représentativité aux
seins des autres institutions nationales, y compris le CCME . Précisons, que cette mission ne consiste nullement à discuter, encore, de
l’opportunité de la participation politique mais doit se limiter à proposer les
modalités pratiques de l’exercice de ce droit déjà garanti par la constitution
marocaine de 1996 et confirmé clairement par le discours royal précité.
Nous, les organisations, réseaux et
personnalités signataires de l’appel de Daba 2012, poursuivons la réalisation
du programme d’action approuvé lors de la rencontre de Paris (26 septembre
2009). Aujourd’hui, à l’occasion de notre rencontre à Madrid, nous présentons
un ensemble de recommandations et propositions relatives à notre participation
aux élections législatives de 2012, en ayant pour ambition de les soumettre au
dialogue aussi bien avec l’état marocain qu’avec les partis et syndicats
représentés dans les deux chambres du parlement.
Nous
réaffirmons, qu’il ne s’agit pas ici de légitimer des droits à travers des
sondages d’opinion et des consultations mais de mettre en œuvre l’exercice de ces
droits déjà acquis et ce en révisant d’une part, les procédures, les lois, et
les textes d’application et d’autre part en consultant les principaux
concernés.
A l’occasion, nous apprécions hautement le
signal fort du Souverain, contenu dans le discours d’ouverture de la session
parlementaire du vendredi 9 octobre 2009, dans lequelSa Majesté a, une nouvelle fois, répondu positivement
à l’attente des citoyens marocains à l’étranger concernant leur représentation
au sein du conseil économique et social attendu. Attente, que nous avions exprimée
dans l’appel de Paris.
Les
recommandations.
Nous appelons :
1)Le ministère de l’intérieur à réviser la législation électorale afin de
permettrela participation des citoyens
marocains à l’étranger aux élections législativesà partir de circonscriptions électorales
législatives à l’étranger.
2)Les partis politiques et syndicats marocains à prendre toutes leurs
responsabilités pour permettre aux citoyens marocains de l’étranger de jouir de
l’intégralité de leurs droits politiques.
3)Les groupes parlementaires à poser la question de la participation dans
les travaux du parlement en particulier au sein de la commission de l’intérieur
aussi bien dans la chambre des représentants que dans la chambre des
conseillers.
4)Le ministère de la communauté marocaine résident à l’étranger à
exprimer la position du gouvernement s’agissant des droits politiques des
citoyens marocains à l’étranger, et ce à travers la commission interministérielle
chargée des marocains résidents à l’étranger présidée par le premier ministre.
5)Les syndicats et les associations marocaines à appuyer la revendication
des citoyens marocains à l’étranger au premier rang desquels leurs droits
politiques en les intégrant dans leurs agendas lors du dialogue avec le
gouvernement.
6)Les médias marocains à
accorder plus d’attention aux dossiers de l’émigration y compris les droits
politiques des citoyens marocains à l’étranger, et de couvrir davantage les
actions de l’émigration relative à ce sujet et de ne pas se limiter aux
transferts financiers et à la couverture de l’opération de retour lors des
vacances estivales.
7)Les associations féminines,
ainsi que les associations des droits de l’homme marocaines à s’impliquer
davantage dansle dossier des droits
politiques des citoyens marocains à l’étranger en sensibilisant davantage
l’opinion publique marocaine dans ce domaine.
8)L’Etat marocain, à rendre
effectif le droit constitutionnel de la communauté marocaine à la
représentation dans toutes les institutions consultatives et sectorielles comme
la HACA, le CES, l’IRCAM, le CCDH, la fondation Hassan II pour les marocains de
l’étranger, la CNSS, le Conseil Supérieur de l’Enseignement,…etc.
9)Le secteur privé marocain, en
premier lieu le secteur bancaire à s’occuper sérieusement des intérêts des
citoyens marocains à l’étranger et à soutenir leurs initiatives et ne pas les
traiter uniquement en termes de sources de profits et de transferts de devises.
10)Les responsables du champ
religieuxà ouvrir le dialogue sur une
approche socio religieuse qui organise la pratique religieuse musulmane des
citoyens marocains à l’étranger dans un esprit éloigné, d’une part de
l’instrumentalisation idéologique et de l’extrémisme et d’autre part de toute
approche sécuritaire.
11)L’état marocain et les
institutions en charge de la question migratoire à prendre en considération la
diversité des composantes culturelles, linguistiques de l’identité des citoyens
marocains à l’étranger, y compris la dimension amazigh et arabe.
Au sujet de la
participation politique et la représentation
En guise de précision nous
insistons sur les recommandations suivantes :
1)L’organisation
du droit de vote et d’éligibilité des citoyens marocains à
l’étranger lors des scrutins directs aux élections législatives à la chambre
des représentants, et des scrutins indirects à la chambre des
conseillers doit se concrétiser pour les élections de 2012. Il est en de même
pour la représentation aux seins des autres institutions nationales.
2)Garantir aux citoyens marocains à l’étranger, dans l’institution parlementaire, une proportion qui ne soit pas inférieur à 10 % (32
sièges dans chacune des chambres).
3)Démocratiser la composition du
conseil de la communauté à l’étranger (CCME) et élargir ses attributions.
4)Réviser la législation électorale,
et créer des circonscriptions électorales législatives à l’étranger en fonction
du nombre de citoyens marocains à l’étranger inscrits dans les registres
consulaires en application des décisions royales claires contenues dans le
discours du 6 novembre 2005.
5)La reconnaissance des associations
des citoyens marocains à l’étranger comme interlocuteur et partenaire des
institutions marocaines aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Références
1)Article 8 de la constitution marocaine : « L'homme et la femme jouissent de droits
politiques égaux. Sont électeurs tous les citoyens majeurs des deux sexes
jouissant de leurs droits civils et politiques »
2)Article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme
3)Article 25, du Dahir portant création du Conseil de la Communauté
Marocaine à l’étranger (CCME).
4)Les recommandations d’IER (Instance Equité et Réconciliation) relatives
à l’émigration ( page 93 & 123).
5)Rapport « 50 ans de
développement humain »
6)Discours Royal du 6 novembre
2005 : « Pour illustrer à
quel point Nous sommes sensible aux aspirations légitimes des différentes
générations de cette communauté, qui entendent exercer leur citoyenneté pleine
et entière, et combien Nous tenons à voir s'impliquer, de façon utile et
crédible, nos citoyens émigrés dans toutes les institutions et tous les aspects
de la chose publique, Nous avons pris quatre décisions importantes et
complémentaires les unes des autres: La première consiste à conférer aux
Marocains résidant à l'étranger, la possibilité de se faire dûment représenter
à la Chambre des Représentants, de façon appropriée, réaliste et
rationnelle . Quant à la deuxième décision, qui découle, d'ailleurs, de la
première, elle porte sur la nécessité de créer des circonscriptions
législatives électorales à l'étranger, afin de permettre à nos citoyens de
l'étranger de choisir leurs députés dans la première Chambre du Parlement. Il
est à noter, à cet égard, qu'ils jouissent, sur un pied d'égalité, des droits
politiques et civils que confère la loi à tous les Marocains, dont celui d'être
électeurs et éligibles dans le pays… Nous donnons, à cette fin, instruction au
gouvernement pour prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre de ces
trois décisions, lors de la révision de la législation électorale »
7)Discours royal de 2006 à l’occasion du 31ème anniversaire de la marche verte.
8)Article 41 de la Convention
internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants
et des membres de leur familleapprouvée
par l’assemblée générale le 18 décembre 1990, etsignée par l’état marocaine «
1. Les travailleurs migrants et les membres de leur famille ont le droit
de prendre part aux affaires publiques de leur Etat d'origine, de voter et
d'être élus au cours d'élections organisées par cet Etat, conformément à sa
législation.
2Les Etats intéressés doivent, en tant que de besoin et conformément à
leur législation, faciliter l'exercice de ces droits. »
19-01-2012
« MRE, hier et aujourd’hui, mais « Vous pouvez arracher l’homme du pays, mais vous ne pouvez pas arracher le pays du cœur de l’homme ...