Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdgogan qui a accusé vendredi la France d’avoir perpétré un génocide en Algérie n’a fait qu’exprimer «une exigence historique» de l’Algérie, a estimé le porte-parole du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) Kassa Aïssa.
«M. Erdogan n’a fait qu’exprimer à sa manière une exigence historique
des Algériens en réponse à l’adoption par l’assemblée nationale
française d’un texte de loi réprimant la négation du génocide arménien»,
a déclaré M. Aissi à l’AFP.
M. Erdogan a accusé vendredi le président français Nicolas Sarkozy de
jouer sur «la haine du musulman et du Turc» et la France d’avoir commis
un génocide en Algérie en réaction au vote en France d’un texte de loi
réprimant la négation du génocide arménien.
«On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par
les Français à partir de 1945. Il s’agit d’un génocide», a-t-il déclaré,
faisant référence aux violences commises lors du processus
d’indépendance de l’Algérie de la domination française, entre 1945 et
1962.
Le passé colonial «Injuste par nature»
«Le FLN n’a jamais cessé de réclamer la reconnaissance par la France
de ses crimes commis durant la colonisation», a ajouté le porte-parole
du FLN.
«La France a reconnu le génocide arménien, pourquoi ne fait-elle pas
autant pour le génocide algérien?», s’est demandé le responsable du FLN,
qui a mené la guerre d’indépendance contre la france (1954-1962).
Le FLN, qui fait partie de la coalition au pouvoir aux côtés du
Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed
Ouyahia et du Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste)
réclame régulièrement une repentance ou des excuses de la part de la
France.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait
déclaré en juin lors d’une visite en Algérie que les Français «n’étaient
pas encore prêts» à la repentance et appelé à ne «pas ressasser
indéfiniment» le passé colonial.
Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, le président français
Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial «injuste par
nature». Mais il avait refusé toute idée de «repentance», estimant
qu’il s’agissait d’une forme de «haine de soi» et de «dénigrement» de
son pays.
(AFP)