Musulmanes d’Europe : contre toute attente Dim, 24 Mai 2009 10:30:00 |
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Source : Service de Presse Common Ground (CGNews)
En Avril dernier, le président américain Barack Obama a nommé une femme musulmane qui porte le hijab (le foulard islamique) au poste de conseillère aux affaires religieuses. Cette nomination est devenu un sujet brûlant en Europe, où cela a engendré à la fois des questions mais aussi de l’espoir quant à une plus grande participation des musulmanes européennes dans la vie politique.
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Beyrouth – En Avril dernier, le président américain Barack Obama a nommé une femme musulmane qui porte le hijab
(le foulard islamique) au poste de conseillère aux affaires
religieuses. Cette nomination est devenu un sujet brûlant en Europe, où
cela a engendré à la fois des questions mais aussi de l’espoir quant à
une plus grande participation des musulmanes européennes dans la vie
politique.
Sur les 20 millions de musulmans vivant en Europe, 12 millions sont des
femmes. Ces musulmanes sont diverses du point de vue social,
économique, ethnique et politique mais elles sont toutes sujettes à
cette même discrimination à facettes multiples, qui les voit comme «
celles qui viennent d’une minorité ethnique », « celles qui sont
privées de leurs droits » et même, « celles qui représentent une menace
potentiellement radicale ». Les musulmanes d’Europe sont souvent
stéréotypées comme étant les victimes de mariages forcés, de violences
domestiques et de crimes d’honneur.
Cependant, un nombre croissant de ces femmes – en particulier celles
qui ont grandi en Europe – parlent désormais de liberté et de religion,
d’égalité de droits et de diversité et luttent contre la discrimination
qui émane des communautés musulmanes aussi bien que des communautés
non-musulmanes.
Elles ont notamment commencé à revendiquer le droit à un espace égal
dans les mosquées et l’accès à la même formation religieuse que
reçoivent les hommes. En effet, la majorité des étudiants dans les
instituts d’études islamiques – qui ont fait leur apparition dans les
grandes villes européennes au cours de ces dix dernières années – sont
actuellement des femmes qui cherchent à connaître leurs droits
religieux afin de pouvoir défendre leur statut au sein de leur propre
communauté.
Par conséquent, les musulmanes commencent à trouver des solutions aux
problèmes qui se posent à elles dans leur communauté. L’an dernier, un
groupe de quatre associations musulmanes, créées récemment, a lancé le
programme « Joining Hands Against Forced Marriages » (Joignons nos
mains contre les mariages forcés) dans différentes villes d’Europe dont
Bruxelles, Paris, Madrid, Londres, Berlin, Bologne et Rotterdam. Ces
groupes dont le but est d’instaurer un dialogue, ont réuni des imams,
des parents, des enfants et des responsables municipaux pour expliquer
aussi bien aux musulmans qu’aux non-musulmans que l’islam interdit ces
pratiques.
En même temps, les musulmanes souffrent d’une discrimination qui est
due à l’incompréhension de la société non musulmane qui les entoure – à
l’école, dans les centres sanitaires et sociaux, au sein des partis
politiques ou auprès des agences immobilières. Ainsi, les discours
officiels définissant le port du foulard comme le symbole de
l’oppression de la femme ont pour conséquence que l’on critique les
femmes qui se voilent dans les lieux publics car on trouve qu’en
agissant ainsi elles consentent à la domination masculine.
Si la discrimination a conduit certaines femmes à se mettre en retrait
de la société, la plupart essaient de s’y faire une place en
investissant de nouvelles voies : les médias et le secteur privé. Des
revues comme le magazine anglais Emel ou encore MWM
en France offrent une autre vision de la femme musulmane en visant un
public qui ne s’arrête pas aux musulmans. Créer leur propre mode
islamique ou leurs propres sociétés de bio-cosmétiques est une manière
pour les musulmanes d’Europe d’échapper à la discrimination au niveau
du marché du travail.
Au Danemark, les femmes musulmanes ont franchi les obstacles avec
l’aide du gouvernement et de la société. Après la controverse des
caricatures en 2005, les musulmanes sont devenues plus nombreuses dans
la vie politique du pays. On compte également une présentatrice de
télévision, et une joueuse au sein de l’équipe nationale de football.
Etonnamment, toutes portent le hijab.
C’est à travers des modèles positifs d’identification comme ceux-ci que
les femmes musulmanes sont en train de développer aujourd’hui leur
confiance en elles-mêmes.
La discrimination que subissent les musulmanes d’Europe devrait être
combattue par l’usage d’une approche multidimensionnelle incluant le
développement de leurs connaissances au niveau de leurs droits,
l’augmentation de leur participation dans les médias et dans les
institutions publiques et enfin la création de partenariats entre
musulmans et non-musulmans ainsi qu’entre hommes et femmes.
La façon dont les musulmanes profitent de leur environnement européen
pour revendiquer leurs droits est révélateur du fait que les identités
féministes, religieuses et ethniques sont en train de changer. En
exigeant l’égalité de leurs droits et l’accès à la sphère publique, ces
femmes sont en train de confronter les responsables politiques au
besoin d’adapter leurs stratégies à un contexte qui est en train de
s’étendre rapidement en termes de diversité.
Les responsables politiques doivent changer la façon dont ils
perçoivent les musulmanes– de l’image d’immigrées aux valeurs
anti-européennes devant « s’intégrer », ils doivent passer à celle de
résidantes et citoyennes actives, visibles, voulant se sentir en
sécurité, travaillant et s’éduquant. La discrimination contre les
femmes musulmanes – qu’elle vienne des communautés musulmanes dans
lesquelles elles sont élevées ou de la société qui les entoure – doit
devenir une question d’intérêt général pour le développement d’une
Europe plus cohésive.
par Amel Boubekeur 22 mai 2009
* Amel Boubekeur est professeur associée au Carnegie Middle East Center
à Beyrouth. Article écrit pour le Service de Presse Common Ground
(CGNews).
Source : Service de Presse Common Ground (CGNews), 22 mai 2009,
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Dignement marocain C'était, surtout, sans compter avec, ceux qui, élevés dans la ''culture'' du complot et rompus...
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